Château de Chaumont-sur-Loire (41)

Chaumont a l'apparence d'un château de style Renaissance digne d'un conte de fées, érigé au XVème siècle et ayant été la propriété de… Catherine de Médicis à une certaine époque. Ses multiples tours défensives, qui dominent la Loire (d'où son nom), offrent un panorama véritablement exceptionnel. Le château est entouré d’un parc de 32 hectares planté de cèdres centenaires, divisé en plusieurs espaces.


Chaumont trouve ses fondements au Xème siècle. Eudes 1er, le comte de Blois (un des plus puissants seigneurs du temps de Hugues Capet), a opté pour de la construction d'un château fort à cet emplacement. Il a alors incendié la colline pour la rendre propice à cette construction. Le fort est donc nommé « Calvus mont » (le Mont Chauve), également connu sous le nom de Chaumont. La forteresse est ensuite consolidée par le chevalier Guelduin (av. 996-1040) et le château devient propriété de la famille d'Amboise pour cinq siècles. C'est au treizième siècle que la structure du château adopte sa forme féodale traditionnelle et carrée.
Au cours du XVème siècle, à la suite d'une insurrection, Louis XI ordonne la démolition et incendie l'édifice. Sa refonte de l'ancienne forteresse a été réalisée par Charles Ier d'Amboise et s'est étendue de de 1468 à 1510, couvrant 3 générations. Ils se sont permis alors quelques raffinements dans la conception architecturale.

En 1550, la reine Catherine de Médicis (1519-1559) acquiert le château et le transforme en un lieu de rendez-vous pour la chasse. Secteur particulièrement lucratif, grâce, entre autres, à un système de péage sur la Loire et à une vaste étendue de terres arables. Cosimo Ruggieri, un astrologue ayant eu une influence sur Marie de Médicis (aux côtés de Nostradamus), résidait à Chaumont. Après la mort de son mari Henri II en 1559, elle sollicite sa précédente concurrente Diane de Poitiers pour lui céder le château de Chenonceau en contrepartie du château de Chaumont.
                                              
Blason de la famille d’Amboise coiffé d’un chapeau de cardinal, en référence au cardinal Georges d’Amboise.

    
Le blason des rois de France, portant un « L » et un « A » couronnés de chaque côté, est gravé au-dessus du pont-levis. C'est en 1503 que Louis XII et son épouse Anne de Bretagne ont rendu visite à leur vassal, le seigneur Charles II d'Amboise.


Deux hommes portent le blason de la famille Chaumont-Amboise



Dès qu'on pénètre le château, on est immédiatement frappé par la somptuosité des appartements historiques finement ornés et garnis de meubles, témoignant du luxe des périodes post-Renaissance. Le château a conservé de nombreuses tapisseries de haute qualité ainsi qu’une grande collection de meubles somptueux. On y retrouve les chambres dites du roi et de la reine, une salle des gardes ainsi qu'une salle du conseil.


La chambre Ruggieri : On remarque un symbole sur le revêtement d'une cheminée, le Delta grec, associé à Diane de Poitiers, entouré de trois cercles (ou lunes pleines), qui a été perçu comme un signe cabalistique par Ruggieri, l'astrologue de Catherine de Médicis...

Il est captivant d'explorer le château, car il regorge de symboles qui illustrent les divers occupants qu'il a eus et nous transmettent leur histoire.

J'ai vraiment aimé découvrir une interprétation de « Qui s'y frotte s'y pique » avec le Porc Epic. Louis XII a sélectionné le Porc Epic, un animal quelque peu exotique à l’époque, comme symbole avec la devise « Cominus et Eminus » qui signifie « De près et de loin », ou encore, « craignez-moi tant de près que de loin », dans le but d’impressionner ses adversaires. On supposait alors que la bête était capable d'infliger des blessures à ses adversaires s'ils se rapprochaient trop, tout comme elle pouvait tirer des flèches à distance, qu'elle possédait en grande quantité. On disait même qu'elles avaient la capacité de se régénérer d'elles-mêmes. Il était donc efficace à la fois dans les actions de défense et d'attaque. 

La salle du conseil qui possède un carrelage exceptionnelle de Majolique du XIIème siècle acquis par la famille de Broglie, ainsi que les 

Magnifique cheminée.


L'escalier à vis qui est splendide.

      

     

Chaque année, le festival international des jardins à Chaumont-sur-Loire donne une nouvelle dimension au domaine. Laissez-vous surprendre, éblouir, déstabiliser par les œuvres botaniques de paysagistes doués. Très belle surprise en voyant l'étendue du domaine entre la ferme, les écuries, le château, le parc du château et les jardins qui sont vastes. 

Ecrit par DJVava






Château de Fougères sur Bièvre (41)

 Le Château de Fougères sur Bièvre est un joyau architectural

Même s'il n'est pas inclus dans la sélection « A » des châteaux de la Vallée de la Loire, son inclusion dans votre parcours est recommandée lorsque vous êtes dans le secteur pour explorer ses voisins les plus remarquables.


Histoire : Sa première édification date du XIème siècle. Il a été détruit en 1356, au début de la guerre de Cent Ans, par Édouard III d'Angleterre, connu sous le nom de Prince Noir. Uniquement le donjon a survécu à cette annihilation. Avec l'approbation du roi en 1470, le château a été refait de 1475 à 1483 par Pierre de Refuge, qui fut conseiller de Charles d'Orléans et trésorier de Louis XI. Il a transformé cela en une véritable citadelle, dont les structures défensives sont encore clairement perceptibles. 

Ce qui impressionne immédiatement dans ce château, c'est son architecture : forteresse ? Château de style Renaissance ?


Aux alentours de 1520, Jean de Villebresme, le petit-fils, transforma le château de Fougères sur Bièvre dans le style Renaissance, notamment grâce à la galerie à arcades et les ornements autour des fenêtres. La cour intérieure illustre parfaitement cette progression.


Ce château était très bien protégé, car il avait des fossés, aujourd'hui remplis, et un pont-levis. C'est une véritable forteresse, resserrée sur sa cour intérieure. Les pièces sont quasiment dépourvues de mobilier et de décoration. Toutefois, il vous est possible de déambuler à votre guise dans ses innombrables corridors, pièces et escaliers en spirale, voire de grimper sous les toits ou d'emprunter le chemin de ronde. On aurait l'impression d'être transporté dans une autre époque.

L'histoire du château ne s'arrête pas là, car en 1812, René Lambot y établit une filature. Inspiré par les frères Montgolfier, le cours de la Bièvre est détourné pour actionner une roue hydraulique construite… dans l’ancienne chapelle !

A l’intérieur, quelques magnifiques coffres sculptés du XVIème mais l’intérêt principal de la visite est la superbe charpente du château. 

La galerie haute fermée abrite l’une des plus étonnantes charpentes du château : celle en carène de bateau renversée ! Elle s’inspire directement de la forme des coques de navire.
Philibert Delorme, l'architecte français qui a terminé la construction de la Sainte-Chapelle du château de Vincennes, a développé cette méthode au XVIème siècle. Elle se compose de l'assemblage de pièces courtes et planes à l'aide de chevilles, et s'installe aisément. Cette conception en arc met en valeur le bâtiment, un facteur esthétique essentiel à la Renaissance. 

L’édifice dispose également une charpente en poivrière (Charpente en poivrière : charpente d’une guérite de maçonnerie à toiture pointue en forme de cône, placée à l'angle d'un bastion).

   

Suite au rachat des bâtiments en 1932, l’État planifie donc les travaux d’une partie de la structure. Les pièces de bois détériorées sont restaurées, voire remplacées. Un vrai travail d’orfèvre. Je me suis régalée avec cette charpente.



Êtes-vous au courant que les œuvres des musées français ont été protégées pendant la Seconde Guerre mondiale ? Le château de Fougères-sur-Bièvre a été sélectionné parmi les sites à protéger. Immergez-vous dans un épisode du passé aussi fascinant que peu connu !

L'année 1939. La Seconde Guerre mondiale débute et la France se tient prête à faire face à un autre affrontement de grande ampleur. Pendant que les soldats sont envoyés au combat, la vie continue de s'organiser à l'arrière. Pour la Direction des musées de France, la ligne de conduite est sans équivoque : il est hors de question de permettre aux joyaux des collections nationales d'être exposés aux bombardements allemands ! Ainsi, les agents élaborent un plan d'évacuation et de secours de grande envergure. Des caisses chargées de chefs-d'œuvre iconiques, comme La Joconde ou La Liberté guidant le peuple, sont transportées depuis la capitale vers le château de Chambord. 
Pourquoi ici, vous demandez-vous ? Parce que le superbe château du Loir-et-Cher a été la propriété de l'État depuis 1930. Il est donc converti en centre de triage, sous la supervision de Pierre Schommer, qui est secrétaire de la Réunion des Musées nationaux. Les tableaux et sculptures sont par la suite disposés dans onze emplacements préparés pour les recevoir. Le château de Montal est inclus dans cette liste, tout comme le château de Fougères-sur-Bièvre !


À partir de décembre 1939, le château de Fougère-sur-Bièvre commence à accueillir les premiers convois. André Girodie, qui est le conservateur du musée de Blérancourt, est chargé de diriger les opérations. En tout, 628 caisses sont acheminées depuis Chambord. Elles sont alors minutieusement inventoriées et chaque pièce est examinée par crainte de détérioration. Les lieux sont protégés 24 heures sur 24 par des gardiens.....



                                                                                                                        Djvava