Milly-la-Forêt (91)



Au milieu du 20ème siècle, Milly-la-Forêt (environ 5000 habitants) est devenue un lieu de villégiature pour les Parisiens et les artistes, dont Jean Cocteau et Christian Dior. Aujourd'hui, elle est l'un des pôles touristiques important du département de l'Essonne ; la capitale des herbes aromatiques avec son conservatoire, et elle possède un environnement préservé entre province et agglomération parisienne.

Nous nous garons au centre ville et après être passées par l'office du tourisme, nous commençons notre visite à l'aide d'un plan indiquant tous les endroits à découvrir. En voici quelques uns.

Le Colombier
Ce bâtiment faisait partie de l'ancien monastère de Milly, propriété de Fulbert 1er, Seigneur de Milly et officier à la Cour de Dagobert 1er au 7ème siècle. Détruit en 1432, l'ensemble comprenait une vaste ferme dont le colombier pourrait être l'un des vestiges. Il possédait, d'après un compte de 1792, près de 1200 "boulins" ou "niches". Les Seigneurs détenaient seuls le droit de bâtir ce local aménagé pour l'élevage, suivant une réglementation royale autorisant une quantité de niches directement en rapport avec le nombre d'âcres de terre cultivable sur le domaine. Ces bâtiments, véritables sources de revenus, situés dans les cours, étaient signe de prospérité de la propriété et grandissaient d'autant la réputation du Seigneur.

La Halle
En 1479, l'Amiral de Graville, Seigneur de Milly, obtint le droit de bâtir la halle et d'y tenir 3 foires par an, ainsi qu'un marché chaque semaine. D'une surface de 730 m², elle repose sur des socles de pierres taillés en "dé" et 48 piliers de chêne. Elle est classée depuis 1923 "Monument historique"


 

La porte du Moustier de Péronne
C'est l'un des plus ancien vestiges. Cette porte permettait d'accéder au moustier (monastère en ancien français). Le fils de Fulbert 1er, Wulfran, y naquit vers l'an 635.Il devint l'apôtre de la Frise (province des Pays-Bas), puis évêque de Sens, avant de se retirer à Saint-Wandrille près de Rouen (76) où il meurt en 720. Quelques-uns de ses ossements sont conservés dans un reliquaire à l'église Notre-Dame.

La maison de Jean Cocteau
Elle est ouverte seulement les week-ends d'été, mais l'extérieur reste accessible.
En 1947, Jean Cocteau choisit de s'installer avec Jean Marais à Milly. Sa maison est une ancienne dépendance du Château de la Bonde, ancienne propriété de l'Amiral Louis Malet de Graville au 15ème siècle. Il y passera les 17 dernières années de sa vie avec son compagnon Edouard Dermit, dit "Doudou", qui a entretenu la demeure et préservé ses oeuvres jusqu'à sa mort en 1995. La maison est racheté par Pierre Bergé, Président de l'Association Maison de Jean Cocteau en 2002, avec l'aide du Conseil Général de l'Essonne et du Conseil Régional d'Ile-de-France. Elle est aujourd'hui un musée dont le jardin invite également à la découverte. 3 pièces ont été reconstituées : le grand salon, la chambre et le bureau, avec les meubles d'origine.

Le Château de La Bonde
L'ensemble du Château complété par la maison de Jean Cocteau sont inscrits depuis 1972 sur l'inventaire des sites pittoresques.
Le lavoir de La Bonde a été remis en état en 1964. Celui-ci était destiné à la "petite lessive" pratiquée une à deux fois par mois.
Séparé du lavoir par le pont de la Corne (reconstruit en 1859), l'abreuvoir à 3 pentes au fond pavé, désaltérait les nombreux animaux domestiques jusqu'en 1930.
Au-delà du pont de pierre, qui remplace l'ancien pont-levis, le château de Milly, dont certaines parties dates du 13ème siècle, a été reconstruit et agrandit vers 1475 par l'Amiral de Graville. Il présente une belle façade avec ses 2 tours rondes crénelées.

La Chapelle Saint-Blaise-des-Simples
Dernier témoin de l'existence d'une maladrerie, les lépreux venaient prier en invoquant Saint-Blaise le Guérisseur dans cette chapelle du 12ème siècle.
Le jardin situé aux abords rappelle la tradition de la culture des plantes médicinales à Milly. Ces plantes, appelées les simples, étaient à l'époque utilisées pour soulager les souffrances des lépreux.
En 1959, Jean Cocteau, sollicité par les élus de Milly, décore l'intérieur de la chapelle sur le thème des simples et de la résurrection. Alors, il jeta sur les murs de magnifiques hampes fleuries qui montent vers le toit comme une prière vers le ciel.
L'autel est gardé par des anges assistant la résurrection du Christ. La lumière est diffusée à travers des vitraux dessinés par le Maître et à nos pieds une grande dalle avec le nom de Jean Cocteau et de son dernier compagnon. Quelques mots de fidélité y sont inscrits : Je reste avec vous.
Dès que vous entrez dans la chapelle, asseyez vous et écoutez la voix de Jean Marais qui vous conte son histoire. Très émouvant !


Vous pouvez aussi visiter :
La collégiale Notre-Dame-de-l'Assomption. Attention, vérifier les horaires avant de vous y rendre.
Le cyclop. Qui doit être très impressionnant ! Cette sculpture est de la hauteur d'un immeuble de 7 étages dans laquelle vous pouvez grimper.

Enigmes en Vendée - Réponses offertes



Cette année, la journée du patrimoine a été consacrée à la Vendée, plus particulièrement à la Grande Guerre des Vendéens. Bien sûr, nous vous avons trouvé quelques énigmes.

Dans l'Historial des Lucs-sur-Boulogne, nous avons découvert ceci. En agrandissant la photo, vous devriez comprendre à quoi servait cette grosse pierre et les objets exposés au-dessous.

1ère énigme



La journée s'est terminée par le Mont des Alouettes aux Herbiers. Magnifique endroit. Outre le fait que ces moulins fabriquaient la farine, quelle utilité avaient-ils lors de cette grande guerre ?

2ème énigme

Les Lucs-sur-Boulogne (85), une ignominie


Les Lucs-sur-Boulogne est célèbre pour la mémoire qu'elle entretient du massacre de la population, perpétré le 28 février 1794 par les colonnes infernales au cours de la guerre de Vendée. Beaucoup disent les guerres de Vendée, mais c'est surement un amalgame.

Avant de visiter cette magnifique région, il est essentiel de commencer par cette ville et apprendre son histoire.

C'est quoi la guerre de Vendée ?
Il s'agit d'une guerre civile qui opposa, dans l'Ouest de la France, les républicains surnommés "les bleus" aux royalistes surnommés "les blancs", pendant la Révolution française. Cette guerre a connu plusieurs phases durant 3 années. Elle a fait plus de 200000 morts et causé de nombreuses destructions.

Mais qui sont ces colonnes infernales ?
C'est le nom donné aux opérations menées par les armées républicaines du général Tureau lors de la guerre de Vendée, afin de détruire les dernières troupes vendéennes.
Après l'anéantissement de l'armée catholique et royale, il a mit au point un plan visant à quadriller la Vendée militaire par 12 colonnes incendiaires avec pour ordre d'exterminer tous les "brigands" ayant participé à la révolte, femmes et enfants inclus, de faire évacuer les populations neutres ou patriotes, de saisir les récoltes et les bestiaux et d'incendier les villages et les forêts, de faire enfin de la Vendée, un cimetière national avant de la faire repeupler par des réfugiés républicains.

L'Historial de Vendée est le meilleur moyen de commencer puisqu'il la retrace de la Préhistoire jusqu'à nos jours. D'une surface de 8000 m², il contient près de 20000 objets. Sa conception est très ludique. C'est un plaisir de le parcourir. Voici quelques photos pour titiller votre curiosité.
  

Tout près de l'Historial,  le Mémorial de la Vendée, rend hommage aux victimes des colonnes infernales. Il est également le point de départ du Chemin de la Mémoire qui se termine à la Chapelle du Petit-Luc. Toujours curieux ?

Quant à la Chapelle du Petit-Luc, elle fut construite au centre de l'ancien camp romain "Luc castrum" et dédiée à Notre-Dame et à Sainte-Catherine, l'église primitive fut détruite à coups de canon le soir du 28 février 1794 et les personnes qui se trouvaient à l'intérieur ont été massacrées. Sous l'impulsion du curé Jean Bart, l'édifice a été restauré en 1867 et bénit par Monseigneur Colet le 16 octobre 1867. Da la première chapelle, seul le chœur fermé par une nouvelle façade est conservé. La porte d'entrée est surmontée d'un tympan dans lequel figure Saint-Joseph mourant et une statue du Sacré-Cœur. Au sommet des angles se trouvent des statues d'Isaïe et du roi David. A l'intérieur, un martyrologe de 1795 composé de plaques de marbre comportent les 564 noms des personnes massacrées par les Bleus.

Ils sont tous là


Non loin, de l'ancien presbytère, une stèle hors du commun. En effet, elle rappelle le martyr du curé Voyneau, massacré à cet endroit le 28 février 1794 par les colonnes infernales.


En centre ville l'église de Saints-Pierre-et-Paul est incontournable. Les grandes verrières du transept représentent la mort du curé du Petit Luc, Mr Voyneau, ainsi que le massacre du 28 février 1794. Il s'agit en effet d'un célèbre massacre, perpétré par les troupes républicaines des colonnes infernales, qui aurait fait 564 morts.




Et oui, il y a bien eu un génocide en Vendée, mais on n'en parle pas.  Dans une autre guerre, il y a eu aussi un génocide dans une église mais plus reconnu !!! Cette chapelle est un puissant lieu de reconnaissance et de mémoire. Très émouvant.

On ne dira rien de plus, à vous de découvrir le reste.

Quelques informations utiles :
  • Le parking est en partie ombragé et se situe entre l'Historial et le Mémorial. Les camping-cars sont les bienvenus
  • Des tables et bancs sont à disposition dans le parc pour pique-niquer
  • Les sacs à dos sont interdits dans l'enceinte de l'Historial
  • Grimpette jusqu'à la chapelle