Saint-Julien l'Ars (86)

Des origines qui remontent au VIème siècle. L'église ainsi que la commune est placée sous le patronage de Saint-Julien de Brioude, soldat qui fût martyrisé sous l'empereur Dioclétien, au IVème siècle. Plusieurs sarcophages ont été trouvé aux abords de l'église datant du moyen-âge, témoignage d'une nécropole mérovingienne. Cette nécropole fut utilisée pendant des années. ils ont aussi découvert des sépultures de chevaliers blessés au cour de la bataille de 1356. 
C'est dans une charte de 962 que l'on trouve la 1ère mention écrite d'une chapelle dédiée à Saint-Julien. Quelques temps plus tard, la chapelle et le château font l'objet d'une donation à la Comtesse Adèle, veuve de Guillaume IV de Poitou, à l'abbaye de la Sainte Trinité, qu'elle vient de fonder à Poitiers. Pendant 8 siècles la chapelle et le château dépendront de l'abbaye.

Au lendemain de la révolution, l'église est laissée à l'abandon. 15 ans de travaux, 3 campagnes de construction, par la famille de Beauchamp.
L'église est située juste à côté d'un château classé Monument Historique du 14ème siècle. A l'intérieur les vitraux début XXème montrent les blasons des familles qui ont financé la restauration complète de l'édifice : Comtes de Beauchamp, de Lanet, de Vitali.

 Magnifique grande porte en bronze 2 vantaux, qui fut posé par Bertrand Sarrazin en 1931, menuisier local, et Vigneau, serrurier à Poitiers. Ces plaques en bronze illustrent 18 scènes de la Bible. Le vantail de gauche représente dix épisodes de l'Ancien Testament, et celui de droite le nouveau Testament.
Seul deux plaques ne sont pas du testament. Voici la 1ère plaque. 
Tête de monstre dans sa gueule un anneau servant à ouvrir la porte.
La 2ème plaque représente un visage barbu de dieu antique. 

L'église d'aujourd'hui est magnifique, l'esthétique intérieure impressionne réellement le visiteur, croyant ou non. Des proportions parfaites, des éléments sculptés, des peintures et des statues vous enchanteront. 
Les vitraux sont splendides et beaucoup d'entre eux seraient des représentations des membres de la famille de Beauchamp, commanditaires des vitraux.

Le cimetière vaut le détour également. Bonne visite !

Nouaillé-Maupertuis (86)

Maupertuis, « signifie une sorte de mauvais chemin bordé de haies et de fossés ». 

A la fin du VIIe siècle, des abbés de Saint-Hilaire de Poitiers s'installent sur les bords du Miosson et construisent sur un affleurement rocheux la première « celle » (petite église) qu'ils nomment « cella novaliacensis » Petite église sur une terre nouvellement défrichée.

Novaliacensis donna plus tard Nouaillé.
L'abbaye prend l'appellation de Saint-Junien à partir de 830, année de la réception des reliques de ce saint poitevin, contemporain et ami de sainte Radegonde de Poitiers. Pour l'occasion, une nouvelle église est édifiée et consacrée.
Nouaillé-Maupertuis est un village où il fait bon flâner et remonter le temps. Une association  « Nouaillé 1356 » fait revivre le temps d'une journée la bataille de Nouaillé-Maupertuis.
Quelques 250 bénévoles de toutes les générations se mobilisent au sein de l’association pour faire partager au public leur passion pour le Moyen Age.

En 1356, le roi d'Angleterre Edouard III envoie ses deux fils en France. L'un d'eux, Edouard de Woodstock, Prince de Galles envahit alors le Poitou. Il dispose d'une armée imposante de 8 000 hommes. Du côté du Roi de France, Jean Le Bon, la mobilisation des troupes est plus compliquée. Il doit en effet faire appel aux armées de ses vassaux. Des seigneurs qui n'ont pas forcément envie de se joindre au roi. L'équipement très lourd des chevaliers français les rend d'autre part peu mobile, ce qui va peser dans le déroulement des événements. Les deux camps se retrouvent ainsi à la mi septembre aux abords de Poitiers. Le 18 septembre 1356, le roi de France s'apprête à donner l'assaut, Mais il est alors convié à des négociations de paix qui n'aboutiront pas. Le lendemain, le lundi 19 septembre 1356, les Français se lancent à la poursuite des Anglais. Pour se protéger, les troupes du Prince de Galles s'engagent dans un maupertuis, une sorte de mauvais chemin bordé de haies et de fossés. Le roi de France donne alors l'ordre à ses troupes de s'y engager à pied. L'armement trop lourd des Français et leur précipitation, sans réelle stratégie, leur est fatale. Les Anglais et leurs archers font un carnage.
La capture du Roi de France et de son fils donne encore plus un goût amer à cette sombre journée. Ils sont tous les deux emmenés en Angleterre. La France doit payer une énorme rançon pour les libérer. Jean le Bon est également obligé de céder un quart sud-ouest du royaume de France. Le Poitou devient ainsi territoire anglais. 
Cette page de l'histoire de France est tous les ans mise en scène à Nouaillé-Maupertuis au cours de spectacles et de fêtes médiévales que je vous invite à aller découvrir.
Quelques vitraux de l'abbaye plus le sarcophage de Saint-Junien
                  

Promenez vous autour de l'église et découvrez son intérieur. Une petite cité médiévale de caractère.

Ligugé (86), de 361 à nos jours

Située à quelques kilomètres au sud de Poitiers, Ligugé est une petite ville qui détient la plus ancienne abbaye de France.

Fondée en 361, elle porte le nom de son fondateur "Martin de Tours".

Un peu d'histoire :
Nous sommes au 4ème siècle. Placé par sa famille dans la légion romaine, Martin a l'habitude de donner sa solde aux pauvres. Un jour où il ne lui restait plus rien, il partage son manteau avec un miséreux (la moitié du manteau était payée par l'armée). Celui-ci (le miséreux) lui apparut ensuite en songe sous les traits de Dieu lui-même.
La veille d'une bataille, Dieu offre la victoire aux romains et Martin est libéré. Dorénavant, il le servira et évangélisera la Gaule.
Depuis, il est fêté le 11 novembre, jour choisi pour l'armistice par les maréchaux Foch et Joffre, qui voulurent que toutes les cloches des églises de France sonnent à 11h ce jour là.

L'église  :

Autour de l'église :
Les couvercles de ces sarcophages mérovingiens des moines des 5ème et 6ème siècles,
étaient autrefois scellés sur la façade de l'église.

L'église a été reconstruite en 1505 sur les vestiges. En haut des marches, a été replacée la bordure de l'ancien parvis,
orné d'un lion de justice aux armes de Geoffrey d'Estissac
L'ensemble du portail est classé comme Monument Historique en 1846 ; l'église, le clocher, l'ensemble des parties anciennes et le terrain de fouilles en 1965.

L'oratoire :

A l'intérieur :
L'orgue date de 1880 et a été restauré en 1983
Quelques vitraux :

Les vitraux datent de 1856 rappelant les épisodes de la vie de Saint-Martin.
La crypte :
Placée sous la première travée de l'église actuelle, elle occupe la place de la cave romaine où Saint-Martin édifia sa basilique.
Le monastère :



Derrière ce portail se cachent un cloître reliant les différentes ailes des bâtiments d'habitation, une bibliothèque créée à la fin du 19ème siècle, riche de quelques 300000 volumes retraçant les sciences religieuses des Provinces de France et près du chevet de l'église, reposent les moines de l'abbaye.

L'abbaye compte 25 moines (âgés de 30 à 82 ans). Ils ont choisi d'y vivre selon la règle édictée par Saint-Benoît au 6ème siècle. Leur vie est rythmée par des temps de prière, des heures de travail et des moments de vie fraternelle.

A SAVOIR

Fouilles :
Des vestiges de la première abbatiale ont été retrouvés sous la rue qui conduit à l'église.

Le partage du manteau :
Sur le portail de cette église, Saint-Martin partage son manteau. Plusieurs images relatent les faits et gestes de ce saint. Celle-ci est la plus connue. Une magnifique statue récente les rappelle sur les hauteurs de la ville en direction de Croutelle.

Le Musée des émaux :
Immédiatement après la Grande Guerre, l'atelier d'émaux fut créé. Il fallait trouver de nouvelles ressources pour faire vivre la communauté. Dom Coquet découvrit des carrelages comparables à ceux de Châteliers et eut l'idée de créer un atelier d'émaillerie. En travaillant avec plusieurs artistes tels que Chagall et Braque, les émaux de Ligugé atteignirent une renommée internationale.

Pâtisserie :

Depuis 2002, les moines de Ligugé partagent avec les soeurs Carmélites de Niort une recette.
Celle du SCOFA (Sucre, Crème, Oeufs, Farine et Amandes)
Ces gâteaux sont vendus dans leur boutique.