Civaux (86)


 
L'église aux saints Gervais et Protais indique l’ancienneté de l’implantation du christianisme à Civaux. En effet, le culte s’est répandu dans le Poitou après la découverte en 386 à Milan des corps des deux martyrs.
Elle est mentionnée pour la première fois dans une charte de l’abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, datée des années 1097
/1100. Entre 1100 et 1150, le prieuré devient une dépendance de l’abbaye de Lesterps (Charente) et ce, jusqu’à la Révolution.





L’abside, partie la plus ancienne de l’église actuelle, est datée des VI°- VII° siècles. 
De plan heptagonal, elle est constituée sur presque toute sa hauteur de petits blocs cubiques disposés en assises régulières et agrémentée de trois fenêtres à arc en plein cintre ornées d’un cordon de tuiles. 
Dans le chœur, une stèle paléochrétienne gravée d’un chrisme témoigne de la présence précoce d’un édifice religieux à Civaux.

 


Le cœur de cette église a survécu aux siècles. Le reste de l'édifice, construit entre le Xème et le XIIème siècle a été consolidé et embelli régulièrement.
Classé monument historique en 1913, c'est aujourd'hui un monument magnifiquement restauré.





 Piliers polychrome du 11 ème et 12 ème siecle






Un lieu de fouilles est ouvert au pied de l'église. Tout cela participe à la richesse des trésors archéologiques de la ville de Civaux. 
J'espère que cela vous plaira comme nous. Magnifique petite église.



Jouhet (86)

La chapelle Sainte-Catherine à Jouhet se situe sur la rive droit de la Gartempe. Elle est dédiée à la Vierge et à Sainte-Catherine et conserve des peintures murales exceptionnelles. 

Ces peintures datent de la fin du 15e siècle, et elles sont classées au titre des monuments historiques depuis 1906.
Cette chapelle, à vocation funéraire et aux dimensions modestes (environ 6 m sur 4,50 m à l'intérieur), est située dans l'emprise de l'ancien cimetière qui entourait la chapelle. Elle a été fondée le 10 juillet 1476 par Pierre du Boschage, curé de la paroisse de Jouhet




Le Christ en Majesté, encadré du symbole des quatre Évangélistes (Tétramorphe), a été peint sur un espace privilégié, que l'on voit immédiatement en entrant dans la chapelle, à l'extrémité orientale de la voûte. Sous ses pieds se trouve une représentation mal conservée de l'Enfer.

La Création d’Ève et la Tentation d'Adam et Ève.
Sur la scène suivante, sur un fond de prairie fleurie, Adam et Ève, cachant leur sexe derrière une feuille dentelée (figuier?), encadrent, de manière assez classique, l'arbre autour duquel s'enroule le serpent.




Légende :

"Avant d'être précipité en Enfer, le Chrétien doit faire attention tout au long de sa vie, morale de la légende des Trois vifs et des trois morts peinte sur la voûte du côté nord, en face d'une représentation très détaillée du Jugement dernier".












Saulgé (86)



Cette petite église mérite un arrêt pour contempler les peintures murales restaurées il y a quelques années. L'église fait partie d'un itinéraire, appelé La Vallée des Fresques qui, de Saulgé à Saint-Savin, propose la visite d'édifices religieux dans lesquels on peut admirer des peintures murales de différentes périodes (du Moyen Age au 19ème siècle).



Ce bas-relief situé sur le mur nord de la nef est un réemploi. Il serait date du 11ème siècle. En 1882, on apprend que lors de la démolition du prieuré, une pierre sculptée portant une inscription est découverte. Il représente une âme dans une mandorle, soutenue par 2 anges. Au-dessous, l'inscription latine "Ramnulfus ad astra elevatus nobi(lis a)gnetis proles" - "Ramnulfe noble descendant d'Agnès, élevé vers les astres". Elle renvoie peut-être à Ramnulfe, petit-fils de Ramnulfe 1er, Seigneur de Montmorillon.

Elle est dédiée à Saint-Divitien, personne qui aurait vécu dans l'entourage de Sainte-Radégonde au 11ème siècle. Elle a été construite en plusieurs phases jusqu'au 13ème siècles, puis a subi de nombreuses modifications entre le 16ème et le 19ème siècle. Nous y retrouvons donc de l'art roman et gothique.









L'ensemble de l'église est orné de peintures murales datées de 1859 et réalisées par le peintre Carré à l'époque du Pape Pie IX et de l'évêque de Poitiers, Monseigneur Pie. Leurs armoiries sont d'ailleurs apposées sur le mur oriental du sanctuaire. Le reste du décor est composé de bandes décoratives géométriques, rinceaux, végétaux et instruments liturgiques. A la même époque, étaient réalisées les peintures murales de la chapelle Saint-Laurent de la Maison Dieu à Montmorillon.















Mazerolles (86)


Après notre petite vadrouille dans la Vallée des Fresques et au bord de la Gartempe, sur la route du retour, nous traversons Mazerolles. Le clocher de son église a immédiatement attiré notre attention.



UN PEU D'HISTOIRE :
La mention la plus ancienne d'un monastère apparait pour la première fois à la fin du 7ème siècle, dans un fragment du testament de l'évêque de Poitiers, Ansoald. L'évêque dit avoir trouvé le monastère privé de culte et inhabité. Il le fait restaurer et le confie à un religieux irlandais du nom de Romain et à ses compagnons. A la mort de Romain, Ansoald confie le monastère à l'Abbaye de Nouaillé-Maupertuis.
Saint-Romain
Le plan de l'église est simple. Une nef et un choeur rectangulaire.
2 cercles font entrer la lumière


Sa particularité : son clocher-mur
Les cloches des arcades avaient pour réputation de guérir de la surdité

Sur les claveaux qui composent l'arc du portail occidental, des marques de tacherons, signatures des tailleurs de pierres

Sur le parvis, la pierre des morts, qui permettaient de déposer le cercueil avant d'entrer dans l'église

L'église conserve une statue de Saint-Sylvain, vénérée autrefois dans la chapelle Saint-Sylvain de Loubressac, à quelques kilomètres du bourg.
Réalisée en pierre polychrome, elle date du 15ème ou 16ème siècle.
Elle rappelle les "voyages", pèlerinages locaux, qui se déroulaient sur le site de Loubressac. Les pèlerins venaient y vénérer le Saint pour guérir les convulsions, parfois appelées le mal violet, et des maladies de peau.
Statue de Saint-Sylvain
Classée monument historique depuis 1919.

Si simple et pourtant si belle !